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jeudi, 09 mars 2017

Motion du département de science politique

N’empêchons pas nos étudiantes de prendre la parole autour du 8 mars !

Un groupe non-mixte racisé d’étudiant.e.s de Paris-8 veut organiser à l’université, les 7 et 9 mars 2017, un Festival féministe anti-colonial. Vendredi 3 mars, le Conseil d’administration a rejeté sa demande de financement (sur la foi de l’avis d’un « expert » resté anonyme), et surtout voté une délibération demandant le report de cet événement – au nom des règles républicaines et par souci de celles du service public.

Apparemment, c’est la non-mixité qui est contestée. Toutefois, le Conseil d’administration a semble-t-il été mal informé. En effet, les organisatrices revendiquent de s’inscrire dans la continuité de l’événement organisé en décembre 2016 par le même groupe, Paroles non-blanches. Or aujourd’hui comme hier, les affiches sont sans équivoque : « ouvert à tou.te.s ». Des étudiant.e.s et enseignant.e.s qui y ont assisté, y compris parmi les signataires, le confirment. Ces réunions n’avaient alors suscité aucune difficulté – à part le communiqué hostile d’un groupe du Front national. Où est donc le problème ? 

Nous tenons à rappeler que le féminisme a toujours fait une place à la non-mixité. Il nous importe également d’affirmer que ce mouvement d’émancipation s’enrichit des interrogations critiques de l’afro-féminisme dont nous parlons dans nos enseignements et que revendiquent ces étudiantes. Nous ne comprendrions donc pas comment notre université, héritière de la tradition de Vincennes à Saint-Denis, pourrait autour du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, interdire de parole celles qui la prennent. D’ailleurs, au lieu d’apaiser les tensions, une telle décision ne pourrait que les exacerber. Loin de protéger la réputation de notre université, elle lui ferait une mauvaise publicité. Enfin, il n’est pas sûr que les « règles » invoquées soient à l’abri de toute contestation juridique.

Nous invitons la présidente de l’université Paris-8, qui connaît bien l’histoire du féminisme, à ne pas suivre l’avis du Conseil d’administration. À l’occasion du 8 mars, pour notre communauté universitaire, la priorité doit être de défendre la liberté d’expression de nos étudiantes.

11:48

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