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mercredi, 04 octobre 2017

Master Rappel

Master Rappel:

Le cours ci-dessous peut permettre de valider un EC de langue en M1 et un EC libre en M2

 

Aire culturelle italienne

 

De l’ennemi de la société à l’ennemi de l’Etat (droit et littérature, Italie, XVIIIème-XXème siècles).

 

Enseignant : Xavier Tabet (PR au département d’études italiennes)

Premier semestre 2017-2018 Cours ouvert aux étudiants de master IEE, et de M1/M2 sciences po, Licence italien et Licence Lea,  Erasmus Italie, jeudi 15h-18h, Mail : xavier.tabet@wanadoo.fr SALLE B 325 / Début le 28 septembre

 

Langue d’enseignement : français

Langue des textes étudiés : français

 

Le cours portera sur plusieurs figures juridiques, politiques et littéraires de « l’ennemi », à partir en particulier de ce laboratoire politique que représente l’Italie, des Lumières jusqu’au Fascisme. Au centre de notre parcours se situera l’évocation de « l’ennemi de l’Etat » dans le droit pénal du régime mussolinien, à partir des leggi fascistissime de 1925/1926. Si l’obsession, et l’absolutisation, de l’ennemi interne  est bien inhérente aux totalitarismes, le fait est cependant que ces régimes ont utilisé et étendu les mécanismes déjà présents dans la plupart des autres sociétés. Et qu’ils ont, dans une large mesure, utilisé les idées et les procédés de notre rationalité politique.

 Avant l’époque du Fascisme, nous évoquerons ainsi la constitution « biologique » de la figure de l’ennemi de la société, à partir des théories autour du « criminel né » chez l’italien Cesare Lombroso, le père de l’anthropologie criminelle en Europe, à la fin du XIXème siècle, lorsque l’on est passé de la réflexion sur les Délits et les peines (Beccaria, 1764) à celle sur L’homme criminel (Lombroso, 1876), c’est-à-dire du délit au délinquant, mais aussi de la répression du « fait » à celle de la « dangerosité ».

   Enfin, en nous rapprochant en revanche de notre propre époque, nous nous interrogerons sur la permanence et les transformations des figures de l’ennemi après 1945, lorsque se dessine une nouvelle figure : celle du criminel contre l’humanité  - voire de « l’ennemi de l’humanité », selon les thèses de Carl Schmitt (1888-1985) -,  après le procès de Nuremberg, à l’origine d’un droit pénal international et supra-étatique. Sera évoquée pour les années 1990 et 2000, par-delà le cadre italien, la nouvelle  guerre « globale », ou « totale »,  contre le « terrorisme islamique », perçu comme le nouvel ennemi de l’occident - et perçu bien souvent comme la manifestation d’un « fascisme », ou d’un « totalitarisme islamique ». Seront présentés également certains débats contemporains, parfois inquiétants, autour de ce que l’on appelle aujourd’hui le « droit pénal de l’ennemi », selon ceux qui estiment que la lutte contre le terrorisme - menée par les démocraties occidentales dans le cadre des lois d’exception et états d’urgence actuels, devenus la norme -  doit amener à opérer la distinction entre un droit pénal du citoyen et un droit pénal de l’ennemi ; une distinction justifiant des procédures extraordinaires envers des « non personnes », des procédures souvent attentatoires à l’état de droit.

   Interrogeant les permanences et transformations de la figure de l’ennemi aux XIXème et XXème siècles, à partir aussi de ce que Michel Foucault appelle « la notion d’individu dangereux », la perspective du cours sera bien à la croisée du juridico-politique et du littéraire. Et l’on évoquera l’œuvre d’auteurs importants pour comprendre l’évolution des représentations modernes de la criminalité, comme Cesare Beccaria (1738-1794), Cesare Lombroso (1835-1909), Emile Zola (1840-1902), ou Primo Levi (1919-1987).

 

Bibliographie indicative :

 

Cesare Beccaria, Des délits et des peines,  traduction et annotation par A. Fontana et X. Tabet, Gallimard, Bibliothèque de Philosophie, (1764) 2015

Primo Levi, Si c’est un homme, 1947 (toute édition de poche convient)

Stephen Jay Gould, La mal-mesure de l’homme, Paris, Odile Jacob, 1997

Jean-Claude Monod, Penser l’ennemi, affronter l’exception, Paris, La Découverte, 2016

Emile Zola, La bête humaine, 1889 (toute édition de poche convient)

 

Une bibliographie plus détaillée et des indications de lectures seront fournies aux étudiants lors du premier cours.

09:58

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