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lundi, 12 octobre 2026

Semaine de mobilisation département de science politique

Réuni ce lundi 12 octobre au matin, le collectif du département de science politique réaffirme tout son soutien à la mobilisation lycéenne et étudiante. Afin de disposer de lieux pour échanger et se réunir, nous avons écrit à la présidence pour demander la réouverture de l'université.
 
Nous avons également pris les décisions suivantes :
• demain mardi 13/10, jour de mobilisation nationale, les cours sont suspendus ;
• pour la fin de cette semaine (avant le 17 octobre), nous ne reprendrons pas le programme ordinaire des cours, y compris dans le cas d'une réouverture de l'université ;
• le jour de la réouverture de l'université (quel qu'il soit), une assemblée générale du département (réunissant étudiant·es et personnels) sera organisée à midi, dans le bâtiment B2, de façon à pouvoir échanger sur les suites du mouvement social ;
• les modes d'évaluation de cours du semestre feront l'objet d'un allègement (selon des modalités qui sont encore à préciser) ;
• pour la fin de cette semaine, nous préparons la tenue d'un événement (qui aura lieu sur le campus, s'il est ouvert, ou dans un autre lieu que nous sommes en train de chercher), permettant de s'informer et échanger sur la mobilisation en cours. Nous vous en tiendrons informés rapidement.

19:09

Assemblée générale du département

Les portes de l'université sont fermées pour toute la journée de ce lundi 12 octobre.

Nous nous retrouvons néanmoins, comme prévu, devant la porte de l'université à partir de 12h, pour tenir ensemble l'assemblée générale du département de science politique.

 

08:32

Hommage à Henri Maler

Hommage à Henri Maler
 
Notre ancien collègue Henri Maler, maître de conférences en science politique à l’université Paris-8, est décédé début octobre à 79 ans. Né en 1946, il avait été actif au sein de divers mouvements de gauche radicale jusqu’à la fin des années 1970, y exerçant des fonctions dirigeantes. Professeur de philosophie dans le secondaire, il publia deux livres marquant sur l’utopie et le marxisme, issus de sa thèse rédigée sous la direction de Jean-Marie Vincent : Congédier l’utopie ? L’utopie selon Karl Marx, (1994), et Convoiter l’impossible : l’utopie avec Marx, malgré Marx (1995). Sur cette base, il fut recruté dans les années 1990 dans notre département, où il exerça jusqu’à sa retraite en 2012.
 

Durant cette période, il en fut une figure marquante. Par son enseignement tout d’abord. Brillant orateur et fin dialecticien, ses cours étaient très appréciés des étudiant·es. Ils l’étaient d’autant plus qu’Henri Maler n’avait pas de morgue académique et qu’il parlait avec une grande humilité avec les étudiant·es. Il avait un grand sens de l’humour et son sourire, parfois moqueur, parfois rieur, illuminait les interactions que l’on pouvait avoir avec lui.

 

Loin de se contenter de l’activité purement académique, il était également, et peut-être avant tout, un intellectuel public. Aux côtés d’autres enseignant·es de l’université de Paris 8, comme Michèle Riot-Sarcey, il joua un rôle important dans l’Appel des intellectuels en soutien aux grévistes de décembre 1995, signé par Pierre Bourdieu, pour soutenir le mouvement social historique contre le « plan Juppé » sur les retraites et la Sécurité sociale. À une époque où des intellectuels français proclamaient la fin des illusions de transformation sociale, rejoignant à leur manière le grand récit d’un Fukuyama présentant la démocratie libérale comme la fin de l’histoire, Henri Maler rédigea avec Denis Berger un essai, Une certaine idée du communisme : répliques à François Furet (1996). Les auteurs entendaient y démontrer que le marxisme et le communisme ne pouvaient se réduire à la caricature qu’en avait représenté les pays de l’Est.

 

À la suite de l’opération militaire menée par les États-Unis en Afghanistan fin 2001, il constitua, avec d’autres intellectuel·es comme Christine Delphy, un réseau d’opposition à la guerre et à la rhétorique « humanitaire » ou encore « féministe » qui était censée la justifier.

 

En 2002 il signa la pétition « Soutenir Israël ? Pas en notre nom ! », avec d’autres figures d’intellectuels d’origine juive, comme Daniel Bensaïd, afin de récuser que le CRIF puisse instrumentaliser la judéité et la mémoire du judéocide pour soutenir les crimes de l’État d’Israël. Prise de position qu’il réitèrera jusqu’en 2026.

 

Dans la foulée du mouvement social de 1995, Henri Maler fonda en 1996 l’Acrimed, une association dédiée à la critique radicale des médias dominants, lieu de rencontre important entre militant.es et universitaires. Il y joua un rôle majeur jusqu’à ce que des ennuis de santé l’obligent il y a quelques années à prendre du recul. Il multiplia les textes sur ce thème, en rédigeant plusieurs centaines, en même temps qu’il continuait à publier des articles théoriques sur le marxisme et l’utopie, à mi-chemin entre la réflexion scientifique et l’intervention militante.

 

Ses obsèques auront lieu au crématorium du Cimetière du Père Lachaise, 55-57, rue des Rondeaux, 75020 Paris, ce mercredi 14 octobre, à 11h30.

 

Ses collègues du département de science politique

08:29